Fake creol – Créol en carton

par marronne

I was chatting recently with an old friend about creol language.

She had the chance to live on a true creol context with traditions, stories and language.

I was telling her about one of my biggest childhood shame; not being immerged in the language (neither in everything else because I’ve been raised à la française). In primary school, a teacher had been very surprised about me not been able to read creol (which is according to me quite difficult to read like all oral languages). I didn’t know what to tell to her because in fact, something was wrong. I was born there, my mother was a Creol Reunionnese and my father mauritian (but speaking a different creol).

I’ve learnt creol thanks to my classmates, stealing words and a rough grammar. The only one who was talking to me and is still talking to me in creol _for my great pleasure_ is my grandmother.

My situation is unfortunately very usual.

As I was explaining in a previous post, Debré law was terrible by its stigmatisation of creol cultur in Reunion island. « Terrible » is a very weak word to name the disaster which scars are still visibles today.

If impacts had been direct yesterday, like putting in jail maloya musicians and the auto-censorship of speaking creol, the true impact of today is the loss of identity, as an individual as a community.

At the beginning of this quest, I was more « condamning » this beautiful mix; with so many roots coming from all the Indian ocean and from beyond, how to know who we are, who am I ? But there could have been less troubles if a strong cultur _or many strong culturs because it is the definition itself of Reunion island, being multi_ could have have compacted the Reunionnese society. This process was almost on his way but Debré came.

This law appeared in the perfect context to maintain colonial schemes and to cut the roots of the young plant of the Reunionnese cultur.

Je parlais l’autre jour avec une amie de longue date de la langue créole.

Elle a eu la chance de vivre pour de vrai à la créole avec traditions culinaires, histoires et surtout immergée dans la langue.

Je lui disais qu’une des hontes de mon enfance a été de ne pas être immergée dans la langue (ni dans le reste d’ailleurs car j’ai été élevée à la française). En primaire, une maîtresse d’école a été très surprise que je ne sache pas lire le créol (qui entre nous soit dit, est très difficile à lire comme toutes les langues très orales transcrites sur papier). Je ne savais pas quoi lui dire car en effet, quelque chose ne collait pas. J’étais née là, ma mère était créole réunionnaise et mon père mauricien (mais parlant un créol différent).

J’ai appris le créol au contact de mes camarades de classe, chippant des mots et une grammaire approximative au vol. La seule personne qui me parlait et me parle toujours _pour mon plus grand plaisir_ en créol est ma grand-mère maternelle.

Ma situation est hélas banale.

Comme je le disais dans un article précédent, la loi Debré a fait beaucoup de mal par sa stigmatisation de la culture créole à la Réunion. »Beaucoup de mal » est un faible mot pour les ravages dont les douloureuses cicatrices sont encore présentes aujourd’hui.

Si les impacts ont été directs à l’époque comme l’emprisonnement des joueurs de maloya et l’auto-censure du parler créol, l’effet indirect d’aujourd’hui est aussi tragique; la perte d’identité, tant à l’échelle individuelle que collective.

Au début de ce questionnement, je « condamnais » davantage ce merveilleux métissage; avec tant de racines venant de tout l’océan indien et au-delà, comment savoir qui nous sommes, que je suis ? Mais il n’y aurait pas eu autant de problèmes si une nouvelle culture forte _ou de nouvelles cultures car la Réunion est multiple, c’est son origine même_ avait pu agglomérer la société réunionnaise actuelle. Ce processus aurait pu se faire mais Debré est arrivé.

Cette loi est apparue dans un contexte parfait pour maintenir des schémas coloniaux et couper les racines de la jeune plante de la culture réunionnaise.

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