Feu de paille ? Hay fire ?

par marronne

I’m leaving only for a week and Reunion island « is burning ».

But it was enough.

At the beginning, a social movement amongst road hauliers about an increase of oil prices : they were driving very slowly on major roads of the island, strikes, meeting, the usual process. I must admit that I was expecting a usual ending with a lot of money.

But road hauliers asked the population to join this fight against oil prices increase but also everyday expensive prices and « rioting demonstrators » started to rock from sensitive neighbourhoods; the « Chaudron », known in the History of the island as the place of a real riot in the 90’s, the « Port » and other towns like Saint-Benoît for example.

The word « riot » is quite strong. I was in Paris in 2005 when there were real riots in the suburbs and yes, shops are burning _even small ones like a humble hairdresser in Rivière des Galets_, yes, there are fights between young people and police but it’s very far from the suburbian network where they were throwing fridges from building roofs on the police.

I’m not saying these breakers are angels. But we should try to understand the situation. These young people are fed up with all these allowances; they just want a normal life. A job. And in Reunion island, it’s a lot. Under-qualified, too qualified, it’s almost the same struggle. Young people from the main land know the same situation with the national employment agency proposing useless trainings and workshops. However, there is something to add about the Reunionnese case.

The emergency is to get a dynamic economy from my Reunionnese point of view. Reunion island can widely offer employment to all its population. Why so few companies ? Because it’s a mafia story. The cake is shared between fews and what is left, all the money coming from the French government and even from Europe dedicated to build structures, local people don’t see it. Let’s talk about jobs; graduated local people don’t see them. And I’m not talking about few cases. When they are not kept between friends, they are main land preferred.

But Reunion island is already more quiet today. But the arrival of 160 anti-riot policemen from the main land should have stopped some fires…

Je pars une petite semaine et la Réunion « s’enflamme ».

Remarque, il était temps !

Au départ, un mécontentement des transporteurs routiers au sujet d’une hausse des prix du carburant : des ralentissements sur les grands axes routiers de l’île, des manifs, des tables rondes, bref, le cirque habituel. J’avoue que je pensais que ça se terminerait comme d’habitude, à coups de pluie de subventions ou autres rétributions financières.

Mais l’appel des routiers à la mobilisation de toute la population pour une lutte contre le prix des carburants mais aussi contre la vie chère a vite fait de soulever des « émeutiers » dans les quartiers sensibles de l’île; le Chaudron, historiquement connu pour avoir été le théâtre de véritables émeutes dans les années 90, le Port et d’autres communes comme Saint-Benoît par exemple.

Le terme « émeutes » m’apparaît bien fort. J’étais à Paris au moment des émeutes qui ont eu lieu dans la région parisienne en 2005 et oui, des magasins brûlent _et parfois même des petits commerces dont un petit salon de coiffure à la Rivière des Galets_, oui, il y a des affrontements entre jeunes et forces de l’ordre mais on est loin de l’organisation des banlieues qui balançaient des frigos depuis le toit des immeubles sur les forces de l’ordre.

Je ne veux pas faire passer ces casseurs pour des anges. Mais essayons un instant de comprendre la situation. Ces jeunes en ont assez d’être anesthésiés avec des RMI, RSA et autres; ils veulent juste une vie normale. Un travail. Et à la Réunion, c’est beaucoup demandé en réalité. Sous-qualifiés, trop qualifiés, c’est quasiment le même combat. La jeunesse métropolitaine connaît la même situation avec le Pôle Emploi proposant formations sans débouchés, ateliers sans espoirs. Cependant, il faut ajouter un bémol pour les jeunes réunionnais.

L’urgence, de mon point de vue de jeune réunionnaise, c’est dynamiser l’économie. La Réunion a largement de quoi offrir des emplois à toute sa population. Pourquoi si peu d’entreprises sur l’île ? Car c’est une terrible mafia qui sévit. Le gâteau est partagé entre quelques uns et tout le reste, tout l’argent drainé à l’Etat français et même à l’Europe qui devrait servir à développer des infrastructures, la population n’en voit pas la couleur. Parlons également des postes à pourvoir; les jeunes réunionnais diplômés n’en voit pas vraiment non plus la couleur. Et nous ne parlons pas de quelques cas isolés. Quand ils ne se partagent pas entre copains, les postes ont une préférence métropolitaine.

Ceci dit, la Réunion est déjà plus calme aujourd’hui et je crains que le feu de paille ne s’éteigne. Il faut dire que l’envoi d’escadrons de CRS de métropole (160) a dû dissuader certains…

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