Célimène Marronne

Une vision anti-colonialiste – An anti-colonialist point of view

Mois : mars, 2012

Creol cookery : finally a good exposure ! Bonne exposition de la cuisine créole : enfin !

I had the pleasure to discover a program about creol cooking tonight on a local TV.

Finally, there is a cultural program on the island ! I had the chance to know more about creol people and local traditions.

A good action like the ones of Christian Antou (www.goutanou.re), chef and teacher on a local cookery school.

J’ai eu le plaisir de découvrir ce soir sur une chaîne locale, Réunion 1ère, une émission sur la cuisine créole.

Enfin une émission intéressante sur l’île ! Non seulement nous découvrons des personnages très typiques mais on en apprend plus sur les traditions locales, « longtemps ».

Une initiative louable, dans la lignée des actions de Christian Antou (à retrouver sur le site http://www.goutanou.re !), chef et formateur dans une école de cuisine locale.

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Tourism in Reunion island : missed appointment – Tourisme à la Réunion : rendez-vous raté

Employment is such a joke in Reunion island !

I’ve heard a comment on a local radio : someone was reporting about an English-speaking couple on holidays. The Regional Tourism Office was not able to find one English-speaking person amongst their staff.

This news item is quite interesting. I’ve sent a job application few weeks ago, offering my skills, underlining my experience of one year in an English-speaking country. Sure, I’m not qualified but my skills are real.

I’ve not even been received by the HR. She just sent me back this email :

‘Miss,

We have received your application.

After a deep reading of your application, we cannot offer you a position.

However, we are keeping your resume and we will contact you if an opportunity in link is coming up.

Yours sincerely,

The HR’

I think it’s time now !

Il y a de quoi rire jaune en matière d’emploi à la Réunion.

J’entendais un témoignage sur les ondes d’Antenne Réunion : quelqu’un parlait d’un couple de danseurs en vacances ici qui ne parlaient qu’en anglais et l’IRT (Ile de la Réunion Tourisme) n’a pas pu trouver une seule personne parmi son personnel pour pallier à ce besoin d’interprète.

Cette nouvelle est assez intéressante. J’ai envoyé une candidature spontanée il y a quelques semaines, offrant mes services de guide-interprète, soulignant une expérience d’un an dans un pays anglophone. Certes, je n’ai pas le diplôme de guide-interprète mais mes compétences sont là.

Je ne suis même pas reçue par les Ressources humaines de l’IRT, qui m’ont simplement adressé cet email :

« Mademoiselle,

 

Nous avons bien reçu votre courrier et vous remercions de l’intérêt porté à notre association.

 Après examen attentif de votre candidature par le service RH, nous ne pouvons réserver une suite favorable à votre demande.

 

Toutefois, nous nous permettons de conserver votre curriculum vitae et ne manquerons pas de vous contacter si une opportunité en lien avec votre profil se présente.

 

Restant à votre disposition, nous vous prions de croire, Mademoiselle, en l’assurance de notre considération la meilleure.

 

La Secrétaire Générale »

Je pense qu’il serait temps !

Mobility – Le concept de mobilité.

Mobility, regional preference : AH AH AH !

What jokes ! Years are going on and the speech is the same. We encourage the youth to study in the main land and abroad with a thin promise of return one day. But it’s wrong !

When I was in Paris few years ago, I went to the Overseas department on the Paris City Council for a job. The director welcomed me on a high roof office. As usual, there was no job for me but knowing this department had big budgets and comparing its actions toward the overseas community was choking. You had to know, there is an office supposed to welcome overseas people in Paris but this place is a big mystery. No ads about it anywhere and from my memory of exiled Reunionnese, I’ve never seen any help from the administration, even when I was living in intramuros Paris. I suppose it’s better not to be asked anything, they could break an arm in working too much.

Being a Reunionnese student is pretty hard. People underestimate this status. When I was a student, I had a friend in Montpellier (South of France) and she had a friend preparing a doctorate in psychology. She welcomed her because she was homeless. They cut her allowances. I’m very impressed by this girl as she’s coming from a modest family and she always fought. She was about to stop her studies because of this problem of allowances…

But the funny ones were the Student Centre of Reunion island. I wasn’t a student anymore but I had the chance to ask them a question : what about putting in place a psychologic help for students out of the island ? The director laughed and laughed ! She couldn’t conceived it.

This policy of mobility is sucking brains and claimant strenght out of the island to keep the population gentle. But one day, everything could explode.

Mobilité, préférence régionale : AH AH AH !

Quelles blagues ! Les années passent et le discours ne change pas. On encourage les jeunes à partir se former en métropole et à l’étranger avec une vague promesse de revenir un jour au pays. Mais c’est faux !

Lors de mes errances à Paris il y a quelques années, j’avais frappé à la porte du département Outremer à la mairie de Paris pour un boulot. Son directeur m’avait reçu dans un beau bureau à haut plafond. Bon, comme d’habitude, il n’y avait rien pour moi mais savoir que ce département recevait de gros budgets et que les actions menées en faveur de la communauté ultramarine étaient une vraie peau de chagrin était vraiment révoltant. Il faut le savoir, il existe un bureau d’accueil exclusivement destiné aux ultramarins sur Paris mais ce lieu est un grand mystère. Aucune publicité ne promeut cet endroit et de mon souvenir de réunionnaise exilée, je n’ai jamais vu aucune main tendue de la part des administrations, même en vivant sur Paris intramuros. Je suppose que c’est mieux de ne pas être trop sollicité, on pourrait se casser un bras en travaillant trop.

La condition étudiante des réunionnais est quand à elle très difficile de mon point de vue. Je la trouve totalement sous-estimée. Etudiante, j’avais une amie à Montpellier et elle accueillait une autre amie qui préparait un doctorat en psychologie. Cette dernière s’était retrouvée à la rue car les aides ne suivaient plus. J’ai beaucoup d’admiration pour cette fille qui vient d’un milieu modeste et qui s’est toujours battue. Et elle risquait de ne pas finir ses études pour une question d’aides coupées…

Mais ceux qui m’ont vraiment fait grincer des dents, c’est le Crous a la Réunion. Je n’étais plus étudiante mais j’ai eu l’occasion de leur poser une question faussement innocente; quid du suivi psychologique des étudiants réunionnais hors de l’île ? La directrice m’avait littéralement ri au nez ! Sans vergogne ni respect ! Pour elle, c’était simplement une question hors propos.

Cette politique de mobilité vide l’île de ses cerveaux et de sa force revendicatrice pour avoir une population plus docile. Mais le retour de bâton pourrait être bien dangereux.

« No talents here. » – « Il n’y a pas de talents ici. »

Let’s come back to an major component of a society : cultur.

Cultur is forgotten by local medias. And it’s a shame as it’s really rich.

When you try to propose concepts to medias, answers are fatalists : »Who is interested in ? You know, it’s great to try to do things but once you’ve left, nothing will happen. » This person was right about the noisy silence after I’ve left, which I truly deplore.

However, about the interest, I really disagree. Everybody is interested in, it’s the goal of a media : to vulgarise and to make the information understable to all. Certainly, I had good tutors who confirmed my ethic and who gave me a noble vision of the job. True, reality is different but I’m keeping my values.

Ironically, many artists are ready to communicate and an audience is waiting this kind of content. The only weak link is the media because the two others won’t easily meet.

Over artists promotion, I think it’s about public service (even done by a commercial media). Us, lost young people, we also need it. Some proud and having two feet stable in the ground. And despite of all spiteful gossip, Reunionnese cultur is not only about slavery.

But about revolt, mine started from an « anecdote » which let me speechless at this momentum but then endless. I was treating the question of the inconstance of writing contests in Reunion island and I went to the highest institutions of the island. From a very comfortable seat, the director told me, right in the eye : « There’s no talents here. » This happened few years ago and I hope things have changed.

Revenons sur un élément important de toute société : la culture.

La culture brille par son absence dans les médias réunionnais. Et c’est bien dommage car elle est très riche.

Lorsqu’on essaie de lancer des initiatives au niveau des médias, les réponses sont assez fatalistes : « Mais qui ça intéresse ? Tu sais, c’est bien d’essayer de faire quelque chose mais dès que tu seras partie, il ne se passera plus rien. » Cette personne n’avait pas tort sur l’incroyable immobilisme après mon départ, que je déplore vraiment.

Cependant, sur l’intérêt, je suis franchement contre. Ca intéresse tout le monde, c’est le but d’un média : de vulgariser et d’apporter à tous l’accès à l’information. Certes, j’ai eu de bons formateurs qui ont confirmé mon éthique et m’ont donné une vision noble du métier. La réalité est, c’est vrai, tout autre mais je tiens à mes valeurs.

Ironie du sort : il existe beaucoup d’artistes prêts à communiquer et un public en attente de ce genre de contenus. Seul maillon défaillant : le média car ces deux autres ne se rencontreront pas comme ça.

Au delà de la promotion des artistes, j’estime que c’est une question de service public (même si cette exposition devait se faire via des médias privés). Nous, les jeunes à la dérive, c’est de ça que nous avons aussi besoin. Une fierté et deux pieds bien ancrés dans le sol. Et malgré ce que dirons les mauvaises langues,la culture réunionnaise n’est pas auto-centrée sur l’esclavage.

Mais question révolte, la mienne est partie d’une « anecdote » qui m’a laissée bouche bée sur le moment mais m’a rendue ensuite intarissable sur le sujet. J’abordais la question des concours littéraires à la Réunion, à savoir leur inconstance. Je me suis rendue aux plus hautes instances de l’île et de son siège fort confortable, la directrice m’a dit à ce sujet, droit dans les yeux : »Mais il n’y a pas de talents ici. » Cet épisode a eu lieu il y a quelques années et j’espère que les choses ont changé depuis.

Chronicle of a usual disaster – Chronique d’une catastrophe habituelle

After « riots », local institutions decided to fight against « expensive prices ». The highest institution of the island published a 60 « solidary products » list, so a decrease on some « basic » products up to 40% which should be applied from the 12th March 2012. They are proud _of course!_ of this action and are hoping to calm down people.

This situation is a tragi-comedy. Honestly, I’m laughing and crying.

I can only do two statements :

– We already knew it but we had a confirmation : Reunionnese people are squeezed like lemons. They had a decrease on oil prices and on some basic products after a « social movement »; industries could have kept their benefits if nobody had say anything.

– They avoid to talk about the main problem, as usual : employment. Noone is really fighting for it. People want to work and not only consume as some could think. Matter of dignity.

They just announced few measures about employment of young people (less than 26 years old, others aren’t and we don’t know how they survive and they just don’t care). They propose apprenticeships and other temporary contracts in limited quantity. And for those who studied, those who are qualified ? What are their chances ?

It’s also quite harsch to hear some abject speeches about the way of consuming of Reunionnese people. For sure, they is a problem about education but it’s too easy. Just like the reputation of being assisted. Who is responsible for ?

However, I’m happy to hear for the first time some people talking about the monopoly about importation and supermarkets. It will take some time but at least, the problem is on the table.

Suite aux « émeutes », les institutions locales ont décidés de réagir face à « la vie chère ». La préfecture de la Réunion a émis une liste de 60 « produits solidaires » soit une baisse sur certains produits « de nécessité » allant jusqu’à 40% qui devrait être appliquée le 12 mars prochain. Le préfet « se félicite » évidemment de cette mesure et espère ainsi apaiser les tensions.

Cette situation est franchement risible. Enfin, honnêtement, c’est plutôt un rire jaune.

Finalement, on arrive à deux constats :

– On le savait déjà mais on a une confirmation : on prend vraiment les Réunionnais pour des vaches à lait et surtout pour des cons.  On a obtenu une baisse des prix sur les carburants et sur certains produits suite à un « mouvement social » ; les industriels auraient pu continuer à se faire des marges si rien ne s’était passé.

– On occulte le vrai problème, comme toujours : l’emploi. Personne ne se bat vraiment pour ça. Les gens veulent travailler et pas seulement consommer comme certains pourraient le croire. Question de dignité.

On vient d’annoncer des mesures pour l’emploi des jeunes (moins de 26 ans, les autres ne le sont plus et on ne sait pas vraiment comment ils s’en sortent et en gros, on s’en fout). On propose des contrats de qualifications et autres contrats temporaires en quantité limitée. Et ceux qui sont partis étudier, qui ont des qualifications ? Que leur propose-t-on ?

J’ai également trouvé assez lamentable d’entendre certains discours condescendants sur la manière de consommer des Réunionnais. Bien sûr qu’il y a un problème d’éducation mais je trouve la critique trop facile. Tout comme cette réputation d’assistés qui nous collent à la peau. Qui est responsable ?

En revanche, je salue la mention du monopole concernant l’importation des produits et la grande distribution. Ca prendra du temps mais on va enfin au moins évoquer le problème.