Célimène Marronne

Une vision anti-colonialiste – An anti-colonialist point of view

Choking TV commercial – Pub choquante !

I thought it was a joke but not; on a local Reunionnese TV, I’ve just seen a TV commercial for a whitening skin cream ! Despite all debates in the main land and everywhere else about it, people are still selling and promoting this kind of product!

Unfortunately, it is an indicator of terrible consequences of a choking colonialism still there. And even if the first edition of Miss Black France (French beauty pageant) will take place soon in Paris!

It’s a shame to stay stuck in this in 2012 in Reunion island…

Incroyable mais vrai : je viens de voir sur Antenne Réunion, une pub pour une crème éclaircissante pour la peau ! Malgré toutes les polémiques en métropole et ailleurs dans le monde, on continue de vendre et surtout de promouvoir ce type de produit.

Hélas, un indicateur des conséquences néfastes d’un terrible colonialisme encore présent alors qu’à Paris aura lieu la première élection de Miss Black France !

C’est quand même triste qu’on en soit encore là en 2012 à la Réunion…

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Jamais sans ma voiture – Never without my car

Je reviens donc de temps à autre sur l’île. Je mets du temps à avoir mon permis pour diverses raisons (donc financière, ce qui reste scandaleux dans tout le territoire français au passage).

Mais cette absence d’indépendance me permet d’arriver à un terrible constat : l’incroyable connivence et business entre les concessionnaires auto et les politiques.

Sans voiture à la Réunion, vous ne pouvez rien faire et pire, vous n’êtes rien. Prendre le bus ? Encore faut qu’il y ait un affichage clair des horaires aux bornes et que les dits bus soient ponctuels. L’impact sur la vie professionnelle est dramatique. Comment pouvoir s’en sortir pour un jeune réunionnais à l’orée de sa vie active ? Comment investir dans une voiture avec un revenu bas ?

Mais les concessionnaires auto, quasi ‘gouverneurs’ de la Réunion, n’en ont que faire et sans vergogne, ils proposent même des crédits instantanés (sur 3 générations) sur les salons de l’auto !

J’ai lu un jour, sourire jaune aux lèvres, que les Réunionnais étaient ‘très attachés à leur voiture’. Certes, on ne peut dénier la passion du ‘tuning’ qui enflamme certains compatriotes mais de là à en faire une généralité ! Comme cette journaliste du Figaro qui avait écrit un article sur le chikungunya me semble-t-il et qui présentait les Réunionnais comme ayant tous chez eux un poulailler…

En fait, les Réunionnais n’ont pas d’autre choix que d’aimer leur voiture; elle est vitale.

Pourquoi ne pas développer _pour de vrai_ le réseau des transports en commun, un réseau accessible à tous et qui permettrait de désengorger les routes _non-extensibles malgré ce qu’on essaie de nous faire croire car nous sommes sur une île_ ? Non, enterrons un projet de Tram-Train et finançons à coups de millions la Route des Tamarins !

Participons plutôt à la suprématie et l’empire des concessionnaires auto car nous n’avons pas le choix !

So I’m coming back sometimes in my island. I’m taking some times to get my driving licence for different reasons (mostly because of its expensive cost, which is a scandal in all the french territory).

But this lack of independence brings me this sad report : the incredible complicity and business between car dealers and politics.

Without car in Reunion island, you cannot do anything and worst, you are nothing. Taking the bus ? Yes but you need clear hours displays and a little bit of ponctuality. The impact on the professional life is awful.  How a young Reunionese can manage it at the beginning of his active life ? How to invest in a car with low incomes ?

But car dealers or Reunion ‘governors’ don’t care about it and without any shame, they even propose instant credits (for 3 generations) on car conventions !

One day, in a yellow smile, I was reading about the ‘attachment’ of Reunionese for their car. Sure, I cannot say that some people are really proud of ‘tuning’ but you cannot say that about all Reunionese ! Just like this journalist from Le Figaro writing that all Reunionese had a henhouse in their backyard…

In fact, Reunionese people had no other choice than deeply loving their car; it is a question of life !

Why not developping _for real_ the public transport network, accessible to everybody and which could help to avoid traffic jams _because we cannot extend roads despite what they want us to believe : it is an island !_ ? No, let’s destroy a project of Tram-Train and let’s give millions for the Route des Tamarins (a huge road on the West side of the island) !

Let’s promote ascendancy and empire of car dealers because we have no choice !

Premiers pas à Paris – First steps in Paris

J’arrive à Paris épuisée, déshydratée d’avoir pleurée toutes les larmes de mon corps. Et moi qui pensait que j’étais fière, indépendante et aventurière !
Paris est gris, moche, froid. Septembre, la rentrée des classes… Mais la liberté !
Je déchante très vite. A peine le temps de sillonner le quartier latin, de voir la Sorbonne et voilà que mes parents m’appellent pour me dire de rester où je suis, en sécurité.
Quoi ?
11 septembre 2001. Paris est une poudrière. On me parle de la station Saint-Michel. Je suis chez une amie. On découvre sur le net les premières images de la catastrophe.
Les jours qui suivent, la tension est palpable dans le métro. Je vais en cours avec mon sac à dos et j’ai l’impression d’être une terroriste, tous les yeux braqués sur moi. Et finalement, station Richelieu-Drouot, je fais face à une réalité ; une vieille femme _dont je n’avais même pas remarqué la présence_ m’interpelle.
“Sale arabe !”
“Oh mais tu sais, ce n’est rien. Tu ne dois pas faire attention à ça.” pour seul réconfort.
Oui, bon, je n’étais pas non plus une oie blanche en la matière. J’avais déjà assisté à des danses du ventre sur mon passage durant quelques années en métropole pendant ma scolarité, qui m’avaient laissées très perplexes.
Mais ce crachat verbal me laisse totalement abasourdie.
Je suis habituée à un métissage absolu, à côtoyer des amis avec parfois deux religions. J’essaie de me souvenir d’insultes liées à la couleur de peau et sur le moment, j’ai vraiment du mal. J’ai l’impression d’arriver dans un conflit qui n’est pas le mien mais où je suis quand même pris à partie.
Les locaux de l’université sont lugubres et le mur de la “cour” me fait penser à un mur d’exécution boulevard Malesherbes.
J’essaie d’entamer la conversation avec quelques personnes mais ma dégaine n’inspire pas vraiment ces parisiennes se connaissant depuis la maternelle. Je remarque que nous sommes peu de couleur dans cet amphithéâtre. Je me dis qu’il y a vraiment une erreur de casting. J’entends dire qu’on n’entre pas comme ça ici, qu’il y a une sélection, même si c’est interdit. Mais je reste sur mon idée de chien dans un jeu de quilles.
Mes quelques contacts situent rarement la Réunion, ou aux Antilles. Cette méconnaissance de l’outremer m’intrigue un peu, moi qui ait presque subi les cours d’Histoire _de la France métropolitaine_ au lycée. Mais à leur décharge, je me rends compte que l’île n’est qu’une petite mention, peut-être en Education civique, pas sûr que ce soit en Histoire…ou lorsqu’on parlait du temps des colonies…

Exhausted, I’m arriving in Paris, deshydrated by crying my eyes out. And I was thinking I was proud, independent and adventuress !
Paris is grey, ugly, cold. September, start of the school year…but Freedom !
My illusions disappear quite quickly. I’ve just the time to criss-cross the Latin Quarter, to see La Sorbonne and a call from my parents recommend me not to move and to stay safe.
What the ?
11 September 2001. Paris is a powder keg. People talk about Saint-Michel station. I’m with a friend. We discover the first online videos of the disaster.
The following days, the tension is filling the air in the metro. I’m going to the uni with my backpack and I’m feeling like a terrorist, all the people staring a me. And finally, at Richelieu-Drouot station, I face reality : an old woman _ who I haven’t paid attention_  shouts at me.
‘You dirty arab!’
‘But you know, it’s nothing. Don’t care about it.’, my only comfort.
Well, I was neither a babe in the woods about the matter. I had ever seen bellydances on my way during few years in my scholarship in the mother country, which had have let me perplexed.
But this verbal sputum makes me feel dizzy.
I’m used to a complete mixing, to have friends from two religions sometimes.
I’m trying to remember insults related to skin colour and at this moment, I cannot think about anything like it. I feel like coming into a conflict which is not mine but where I am involved anyway.
The university buildings are gloomy. The big wall of the ‘courtyard’ makes me think of an execution wall on boulevard Malesherbes.
I’m trying to start a conversation with some people but my look is not inspiring for these Parisian girls knowing each other from kindergarden time. I notice that we are few non-white people in this amphitheatre. I really think there is a casting error.
I hear that it’s not easy to get in there, that there is a selection, even if it’s forbidden. But I keep thinking I am not fitting in.
The few people I’m talking with struggle to locate Reunion island, or put it with the French Antillas in the Carribeans(more known in the mother country). This ignorance about the Overseas territories is a little bit intrigant for me. I remember suffering from History _from the mother-country_ lessons in highschool. But to their defence, I notice that the island is just a mention, maybe in Civic education, not certain of it in History…or we were talking about colonies time…

Célimène part – Célimène is leaving

Je suis Célimène Marronne, fille de l’Océan indien.
A 18 ans, la Réunion est l’endroit le plus mortel au monde. Je quitte _enfin_ mon île natale, la Réunion pour poursuivre mes études à Paris. Je ne savais pas trop quoi faire après mon bac mais j’étais sûre d’une chose ; je devais quitter ce “paradis”.
Je ne pouvais pas imaginer de futur dans cet univers clos, coupé du monde entier, où une mentalité de petit village m’étouffait un peu plus chaque jour.
Je prends donc l’avion pour de nouvelles aventures.
Paris, c’était venu un peu comme ça. Si j’avais pu, je serais partie volontiers à l’étranger. Mais mes parents me faisaient déjà bien assez comprendre que je leur coûtais cher. Bon, c’est vrai que j’ai vu “Les Fabuleuses Aventures d’Amélie Poulain” de Jean-Pierre Jeunet et que j’ai été séduite par cette vision très romanesque, toute en sépia et poésie. Et puis, c’était la seule université à m’avoir acceptée !
ll est temps de dire au revoir à mes parents, mon île, mes racines. J’ai un énorme noeud dans la gorge, je pleure et en un sens, je ne sais pas où je vais.
Et puis, je me souviens de cette interview du directeur du CROUS au journal de midi, vantant une politique de mobilité exceptionnelle, en perpétuelle expansion. Des millions débloqués pour ceux qui ont le cran de partir ! Des aides garanties ! Des boursiers encouragés ! La promesse d’un retour triomphant et d’une belle vie de diplômée !
C’est ça : donnez de l’argent à mes parents pour que j’échappe à l’ennui éternel ! Donnez-moi l’opportunité de voyager à travers un continent, de prendre des trains, des bus et ne pas avoir un minimum de 10 heures d’avion !
Et puis, j’ai aussi peur de cette vie qui semble toute tracée pour moi : avoir un enfant jeune, un travail dans la fonction publique au mieux, ne pas faire d’histoires et que rien ne dépasse. Rester le plus silencieuse possible en attendant…la mort. Malheureusement, j’avais des exemples sous mes yeux au lycée de filles-mères, presque épanouies et “normales”.
Je suis triste de quitter mes repères mais pas encore assez consciente de ma peine, encore à savourer ma liberté toute neuve.

I’m Célimène Marronne, a girl of the Indian ocean.
Being 18 in Reunion island is just the most absolutely boring punishment. I leave _finally!_ my island to study in Paris. I didn’t really know what to do for my higher studies but I was certain of one thing : I had to leave this ‘paradise’.
I couldn’t imagine a future in this closed world, cut off the entire world, where I was suffocating everyday more and more by the backwater mentality.
So, I’m taking a plane for new adventures !
I didn’t really choose Paris, it came like this. If I could, I would go abroad. But my parents were already clear enough to their budget. Well, it’s true, I’ve seen Jean-Pierre Jeunet ‘s ‘‘Amélie from Montmartre’ and I’ve been seduced by this very romantic vision of the city, full of poetry and sepia pictures. And it was also the only university to admit me !
It’s time to say goodbye to my parents, my island, my roots. I’ve got a huge knot in my throat, I’m crying and in a way, I don’t know where I’m going.
And then, I remember the Student Allowance director interviewed on TV mid-day news, boasting of an exceptional mobility, in constant expansion. Billions budget for those who are brave enough to leave ! Subventions guaranteed ! Granted students helped ! The promise of a triumph when you’ll be back and a wonderful life of the graduated person !
That’s it : give the money to my parents for me to escape the everlasting boredom ! Give me the opportunity to travel through a continent, to take trains and buses and not to have a 10 hours minimum flight !
And I’m also afraid of my fate : being a early mother, working for the government at best, don’t rock the boat and stay within the guidelines. Stay as silent as a stone waiting…death. Unfortunately, I had many examples in front of me at the highschool of mothers-daughters.
I’m sad to lose my roots but not still conscious of my pain, savouring my very new freedom.

Jour de la commemoration de l’abolition de l’esclavage – Abolition of slavery Commemoration Day

http://www.dailymotion.com/video/xinu03_l-envers-du-decor-de-la-commemoration-de-l-abolition-de-l-esclavage-du-10-mai-2011_news

Police is asking them to remove their t-shirts. It is written ‘ Anti-negrophobia brigade’.

Who am I

Célimène Marronne propose un point de vue anti-colonialiste sur le monde actuel. Issue de l’Océan indien, elle parcourt différents pays et observe les méfaits de cette idéologie.

Célimène est une esclave affranchie. La ‘Muse de la Saline’ n’a pas connu les bancs de l’école mais elle est intelligente et manie bien le verbe.

Le verbe ‘marronner’ vient de l’espagnol ‘maron’. Il fait référence aux esclaves fugitifs.

Célimène Marronne proposes an anti-colonialist point of view about the actual world. Born in the Indian ocean, she is travelling around many countries and is a witness of the bad consequences of this ideology.

Célimène is an emancipated slave. The ‘Muse of La Saline’ didn’t go to school but she is intelligent and easily handles the verb.

The verb ‘marronner’ refers to the spanish word ‘maron’. It refers to fugitive slaves.